• Odile

Recycler ses vêtements : petits pièges et bonnes idées.

Mis à jour : 30 sept. 2020

Consommer autrement, ce n'est pas seulement acheter des vêtements fabriqués en France dans une démarche éthique et éco-responsable. C'est aussi savoir faire le tri dans nos armoires. Et quand nous voulons désengorger nos placards, nous nous délestons des vêtements qui ne trouvent plus grâce à nos yeux. Certains d’entre nous décident alors de les laisser dans les points de collecte de type « Le Relais », ces fameuses bennes à vêtements pas loin de la maison.




Vous vous dites sûrement que faire cela, c’est faire un geste écologique, participer à une mode éco-responsable, et que ces pièces auront une seconde vie auprès des plus nécessiteux ? En réalité, c’est un peu plus compliqué que ça.





La seconde vie mythe ou réalité ?


Seulement 3 % de vêtements donnés sont distribués aux plus démunis. Quand je dis "donnés", il faut entendre "vendus à petits prix". Les plus belles pièces sont récupérées et vendues au poids auprès de grossistes qui remettront ces vêtements en vente dans des friperies très Hype. Le reste est envoyé en Afrique. Je ne vous parle même pas de l’impact carbone de nos vêtements qui, pour le coup, auront fait le tour de la Terre pour assouvir une mode éphémère à l'opposé absolu de la slow-fashion. Une fois arrivées sur le sol Africain, certaines de nos pièces se retrouvent sur les étals des marchés locaux (bien évidemment nos plus beaux habits ne font pas partis du voyage). Le plus gros problème des vêtements recyclés qui alimentent ces filières, c'est que le reste finit dans des décharges à ciel ouvert en attente d’être brulé, où directement jeté à la mer. Ce qui a pour conséquence une pollution massive des sols et des eaux.

Ne devrions-nous pas penser au cycle de vie de nos vêtements dès que l’on fait un achat ? Ne devrions-nous pas essayer de freiner nos envies de consommation passagères ?


La slow-fashion : la solution que les industriels ne veulent pas voir


L’industrie textile produit plus de pièces qu’elle n’en vend. A raison d’une nouvelle collection toute les 2 à 3 semaines, il faut écouler des stocks toujours plus importants. Des stocks qui occupent de la place dans les entrepôts de stockage, et qui coûtent donc de l’argent aux marques. Alors, pour se débarrasser de cette charge, elles envoient leurs surplus dans les pays en voie de développement, sans se préoccuper des conséquences écologiques de leurs surproductions.

Le discours des grands industriels est de nous faire croire que nous pouvons continuer de consommer comme bon nous semble, tant que nous donnons une seconde vie à nos vêtements. Ils cherchent à nous bercer d’illusion pour que nous ne prenions pas conscience de la réalité de ces excès. Prenons par exemple cette grande enseigne qui propose de récupérer nos anciens vêtements en échange d’un bon d’achat. L’objectif premier n’est pas de recycler, mais de nous inciter encore et toujours à dépenser et consommer. Vous êtes-vous déjà posé la question ce que devenait ces habits ? Surprise… ils se retrouvent eux aussi en Afrique.


Quelles idées pour un recyclage conscient ?


Face à ces pratiques qui, bien qu’ayant le mérite d’exister, ne sont pas à la hauteur du défi global que représente la baisse de l’empreinte écologique de l’industrie du textile, il existe heureusement des alternatives accessibles à toutes et tous. Citons ici quelques exemples :

  • Solliciter directement des associations qui distribuent en direct aux personnes dans le besoin : celles comme Emmaüs, par exemple, qui aident également à l’insertion des personnes en difficultés

  • Faire du troc : échanger vos vêtements déjà portés contre d’autre également déjà portés

  • Faire un vide grenier

  • Ou tout simplement consommer différemment, et moins, en optant pour des pièces intemporelles et de qualité qui ne passent pas de mode et qui durent dans le temps.

Comme toujours, l’idée n’est pas de changer toutes nos habitudes du jour au lendemain (ou de culpabiliser de ne pas le faire), mais bien de faire ce qui est en notre pouvoir, et d’encourager notre entourage à adopter des bonnes pratiques. C’est l’addition de toutes nos petites actions individuelles qui finira par avoir un impact global.

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